Traitement Nicotinique de Substitution (TNS)
Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS)
Efficacité
L’efficacité du traitement nicotinique de substitution contre placebo est clairement démontrée.
Dans la plupart des études, les substituts nicotiniques permettent de doubler le taux d’abstinence tabagique à 6 mois par rapport au placebo. A un an, 18 % des fumeurs ayant été traités par des substituts nicotiniques sont abstinents contre 10 % dans le groupe placebo.
Les substituts nicotiniques sont recommandés dans l’aide à l’arrêt du tabac chez les patients dépendants.

Les différentes formes de substituts
La gomme à mâcher
La gomme à mâcher est commercialisée en France depuis 1986 et existe aujourd’hui en deux dosages : 2 et 4 mg. La dose libérée est en moyenne soit de 1 mg pour les gommes à 2 mg, soit un peu de moins de 2 mg pour les gommes à 4 mg.
Il existe des gommes de saveurs différentes (menthol, orange, fruits…). La nicotine est absorbée par la muqueuse buccale. L'efficacité de la nicotine libérée par la gomme est optimale en cas de mastication de la gomme et non de déglutition. Les taux sanguins de nicotine obtenus sont moindres que ceux obtenus par la prise de cigarette. Il faut préciser au patient que la gomme ne doit pas être utilisée comme un chewing-gum, mais à l’inverse, mâchée très lentement et que la salive ne doit pas être déglutie ; dans le cas contraire, il risquerait d’avoir des effets indésirables buccaux ou gastriques (brûlures, hoquet).
Les gommes peuvent être employées en complément du timbre pour calmer une envie brusque de fumer, non couverte par celui-ci. Elles sont bien adaptées au cas des personnes qui fumaient de façon irrégulière et permettent aux ex-fumeurs de jouer un rôle actif dans le sevrage. Elles assurent aussi le maintien d'une certaine gestuelle.
Le système transdermique (timbre ou patch à la nicotine)
Le timbre ou patch àla nicotine a été développé pour éviter les difficultés d'usage liées aux gommes. Le timbre permet une meilleure observance, en rapport avec une plus grande facilité d’utilisation. Pour diminuer le risque de réaction cutanée locale, il faut changer quotidiennement le site d’application du timbre.

Il existe des systèmes pouvant être portés 24 heures qui délivrent une dose de 21 mg de nicotine par jour et des systèmes pouvant être portés 16 heures qui délivrent une dose de 15 mg de nicotine par jour.
Les pastilles sublinguales ou les pastilles à sucer
Les pastilles sublinguales ou les pastilles à sucer : Une pastille de 2 mg libère approximativement 2 mg de nicotine, celle de 4 mg libère approximativement 4 mg de nicotine.
L'inhaleur
L'inhaleur se compose d'un embout avec une cartouche qui ressemble à un porte-cigarettes et délivre de la nicotine sous forme d'inhalations buccales. En cas d'envie de fumer, l'ex-fumeur inhale une bouffée qui lui fournit environ 5 mg de nicotine.

Ce médicament aide les fumeurs à se désintoxiquer du tabac ou à mieux supporter une période temporaire pendant laquelle ils ne peuvent ou ne doivent pas fumer. Si la méthode d'inhalation se rapproche de l'usage d'une cigarette, le mécanisme d'absorption de la nicotine est différent : le tampon contenu dans la cartouche libère une petite dose de nicotine à chaque inhalation qui ne parvient pas dans les poumons, mais se dépose dans la bouche. La nicotine est alors lentement absorbée par la muqueuse buccale. Ce mécanisme d'absorption est donc plus proche de celui des fumeurs de pipe ou de cigare qui n'avalent pas la fumée. Il est également similaire dans son effet à l'usage des gommes à mâcher contenant de la nicotine.
Il peut être utilisé seul ou, après avis médical, en association avec d'autres substituts nicotiniques.
Son usage est bien toléré, bien que l'on observe parfois une irritation buccale locale, une toux ou une rhinite. Ces effets indésirables sont d'intensité faible en général et disparaissent en quelques jours.
Comment prendre le traitement de substitution
Les substituts nicotiniques fonctionnent très bien, s’ils sont bien utilisés au juste dosage car si la quantité de nicotine est insuffisante, les substituts, quels qu’ils soient n’auront pas l’effet souhaité.
Il est conseillé d’ajuster les doses de substituts nicotiniques en fonction du score de Fagerström et de l'existence de symptômes de surdosage (bouche pâteuse, diarrhée, palpitations, insomnie) ou de sous-dosage (troubles de l’humeur, insomnie, irritabilité, agitation, anxiété, majoration de l’appétit)
Le patient doit être informé de ces symptômes afin de pouvoir adapter la dose.
Pour les formes orales de substituts nicotiniques, la consommation de boissons acides, de café, de jus de fruit est déconseillée dans les 15 minutes précédant leur utilisation car ces boissons modifient l'absorption de nicotine au niveau buccal.
A quelle dose les utiliser ?
Le choix de la dose constitue un facteur important du succès. Les taux de succès sont améliorés si les substituts nicotiniques apportent une quantité de nicotine proche de celle que le fumeur retirait de sa consommation de cigarettes.
Habituellement, le traitement par patch est diminué progressivement par paliers sur 8 à 12 semaines. L' association des substituts nicotiniques avec une prise en charge psychologique augmente les taux d’abstinence.
La durée d’administration des substituts nicotiniques est variable selon les patients : de 6 semaines à 6 mois.

Effets indésirables
Certains effets indésirables peuvent être observés avec les gommes et les pastilles, souvent en cas d’utilisation inadéquate : brûlures pharyngées, hoquets, brûlures d’estomac. L’utilisation des gommes à mâcher expose certains patients aux risques de décollement de prothèse dentaire.
Les timbres exposent au risque de dermite d’irritation avec prurit et à l’eczéma de contact.
Comment les prendre dans certaines situations particulières
- Femme enceinte
L’approche par thérapie cognitivo-comportementale et la prise en charge psychologique doivent être proposées en première intention au cours de la grossesse. En cas d’échec, un traitement pharmacologique utilisant des substituts nicotiniques peut être proposé.
- L’allaitement
L’approche par thérapie cognitivo-comportementale et la prise en charge psychologique doivent être proposées en première intention au cours de l’allaitement. En cas d’échec, un traitement pharmacologique utilisant des substituts nicotiniques peut être proposé. Il est préférable de recourir aux gommes après la tétée et d'éviter les systèmes transdermiques.
- Les pathologies cardiovasculaires
L’arrêt du tabac est bénéfique et recommandé chez les patients atteints de pathologie cardiovasculaire, notamment de maladie coronarienne.
Les substituts nicotiniques sont bien tolérés chez les patients coronariens et ne provoquent pas d’aggravation de la maladie coronarienne ou de troubles du rythme.
Les substituts nicotiniques sont recommandés chez les patients coronariens fumeurs.
- Les adolescents
L’installation de la dépendance tabagique est très rapide chez l’adolescent. L’utilisation des substituts nicotiniques ne semble pas dangereuse dans cette tranche d’âge. Toutefois, ils ne sont à utiliser qu’en cas de dépendance avérée, de motivation forte du sujet à s’arrêter, et conformément à l’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM), à partir de 15 ans.
- Avant une intervention chirurgicale programmée
L’arrêt du tabac avant une intervention chirurgicale programmée permet de diminuer les complications post-opératoires. Il est recommandé de proposer un arrêt du tabac ou une diminution de la consommation de tabac par des substituts nicotiniques au moins six semaines avant une intervention chirurgicale.
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